Marc de Boisnoir Commandant en chef des forces françaises

Messages: 67 Date d'inscription: 29/11/2007 Age: 20 Localisation: A bord du Royal Louis
 | Sujet: Petits complots des Amériques... Dim 6 Jan - 19:00 | |
| Boisnoir s'étira longuement sur le banc qui longeait les fenêtres de la chambre de conseil du Royal Louis . Située à la poupe du superbe vaisseau amiral, cette dernière était meublée avec goût et raffinement, son intérieur était décoré et réhaussé par de somptueuses sculptures représentant des allégories de la France, de sa Marine et de son monarque. Le fauteuil et le bureau de Boisnoir étaient des cadeaux du Roi et de la Reine en remerciements de ses services à la Couronne. C'était un mobilier magnifique et coûteux qui représentait la richesse et la prospérité de leur propriétaire. Le succés des campagnes de Boisnoir transparessaient au travers de son navire amiral. Il était amusant de penser que le destin de Boisnoir était lié à ce beau bâtiment dont la puissance de feu était phénoménale. Boisnoir avait été le premier à le commander peu avant de hisser sa marque à son bord en tant qu'officier général. Depuis le temps on pouvait dire qu'il s'agissait de deux vieux amis. Un tableau assez accordé à vrai dire, l'amiral et son vaisseau. Tous deux liés l'un à l'autre et indissociables l'un de l'autre. Tous deux synonymes d'effroi et de dévastation chez leurs ennemis. Tous deux allégories de la domination française et de la puissance du Royaume. Que de batailles et de guerres Boisnoir avait connu et traversé afin de faire triompher le drapeau fleur de lysé sur les océans et les continents. Et une fois de plus les nuages s'amoncelaient en Europe prêt à embraser le monde entier de leurs éclairs de mort. Mais cette fois-ci la chance avait tourné et l'avantage était passé à l'autre camp. Le sien. Boisnoir se leva sans se presser et regarda la légère collation qu'on lui avait préparé quelques instants auparavant. Son cuisinier était l'un des meilleurs de tout Paris et même s'il lui arrivait encore d'être malade en mer, son talent n'en avait rien perdu. La collation était trés simple. Un ananas de la Guadeloupe coupé en tranche qui respirait la fraîcheur de la calle, des tranches de pain trés fines dorés au four du patissier, finement beurrés et croustillantes à souhait ainsi qu'un miel de lavande ramené tout droit de France dans les calles du Royal Louis . On y avait aussi ajouté un met trés récent dont Boisnoir rafolait: le croissant. En provenance d'Autriche, ce dernier avait été introduit par la Dauphine en France et depuis qu'il en avait goûté lors d'un banquet à Versailles, Boisnoir n'avait eu de cesse de réclamer un pâtissier personnel sachant les faire. Enfin un café encore chaud et un verre de rhum des plantations qui bordaient Le Cap complétait ce délicieux goûter. Boisnoir se saisit d'une tartine et la croqua avec plaisir sentant le beurre et le miel faire pétiller son palais de bonheur. Puis il essuya délicatement la commissure de ses lèvres avec une serviette brodée à ses initiales et aux armoiries de sa famille. Puis, aprés avoir bu une gorgée de rhum, il prit au bout de son couteau une part d'ananas et l'avala goulument. Derrière la porte, le factionnaire fit claquer ses talons et la crosse de son mousquet. Puis déclara d'une voix forte et mécanique: -Votre aide de camp, mon général! Boisnoir reposa son couteau et se saisit de sa tasse de café et en but une gorgée avant de répondre sur un ton solennel: -Faites le entrer. Dans l'instant, Virgile Delépine, lieutenant de vaisseau et aide de camp de Boisnoir entra dans la pièce. Il portait beau dans son petit uniforme de lieutenant de vaisseau, bleu de roi à parements rouges et galonnés d'or. Ses épaulettes dorés et son aiguillette brillaient à la lumière du jour faisant rayonner le visage hautain du personnage comme une marque supllémentaire de mépris envers toute personne inférieure à son rang. Ses petits yeux plissés en permanence, dont le bleu rappelait l'azur des Caraïbes, étaient le mirroir d'un esprit fin, acerbe et acéré toujours à la recherche d'une pique, d'un mot d'esprit. Un homme rompu aux jeux de la diplomatie, de la flagornerie et de la conciliation, parfaitement accordé à Boisnoir qu'il dépassait souvent dans ces domaines. Lui aussi aimait à abuser de son autorité et du pouvoir qui en résultait mais à l'inverse de Boisnoir, c'était parfois à outrance ou sans raison valable. N'importe, c'était souvent sujet d'amusement pour Boisnoir. Comme l'amiral français et son navire, Boisnoir et son aide de camp était devenu indissociable, Virgile étant considéré comme l'ombre de son supérieur, il annonçait toujours sa venue ou alors ses actions portaient la griffe de Boisnoir. Mais si l'on ne pouvait assimiler Boisnoir à une rose (ou alors une rose noire...), Delépine portait bien son nom. Aprés avoir prit une part de croissant, Boisnoir daigna lever les yeux vers son sournois mais dévoué aide de camp. _________________ Un amiral sans imagination est pire qu'une tempête.
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